|
Narration et voice-over PDF Imprimer Envoyer

La narration et la voice-over concernent avant tout la traduction de documentaires.



1. La narration :

C’est le texte lu par le narrateur ou la narratrice, qui n’apparaît pas à l’écran. Dans la version française du programme, la voix d’origine (en anglais, allemand…) disparaît complètement pour être remplacée par celle du comédien de langue française qui lit le texte rédigé par le traducteur.

La narration est en quelque sorte le « fil directeur » du documentaire : elle doit conduire le déroulement du programme, annoncer les intervenants et assurer les transitions. Le ton est souvent pédagogique, sans être simplificateur.

En narration, le traducteur dispose d’une certaine marge de manœuvre (c’est ici que le terme d’ « adaptateur » prend tout son sens !) et n’est pas tenu de reproduire précisément le contenu du texte d’origine, s’il juge bon de prendre quelques libertés :

  • C’est parfois une obligation : par exemple lorsque le programme d’origine comporte plusieurs coupures publicitaires et que le documentaire est diffusé d’un seul bloc en France. Dans ce cas, il y a lieu de « gommer » les phrases de transition (du type « Après la pub, nous découvrirons comment l’ornithorynque séduit sa partenaire ») et de se montrer inventif. En outre, la narration comporte parfois des incohérences, voire, des erreurs (dates, faits historiques, ordres de grandeur…), qu’il peut être bon de corriger à ce stade, ou des affirmations péremptoires que l’on peut parfois tempérer quelque peu (certains documentaires américains chantent les louanges des Etats-Unis d’une façon parfois excessive !). En effet, si le client demande des modifications après l’enregistrement, il faudra faire revenir le comédien chargé de la narration pour réenregistrer une phrase ou deux, et le laboratoire n’hésitera pas à faire porter le chapeau au traducteur.

  • C’est fortement conseillé lorsqu’un paragraphe est mal construit, qu’un nouvel agencement des phrases collerait mieux à l’image, ou que la narration comporte des jeux de mots faiblards sans grand intérêt. De plus, dans le cas d’un documentaire quelque peu soporifique, le traducteur est bien sûr invité à rendre la narration plus captivante et vivante.



2. La voice-over

Ce terme désigne la traduction des propos des autres intervenants du programme. Elle est notamment réservée aux interviews face caméra des différents experts, historiens, témoins, etc. qui apportent leur contribution au documentaire. Mais de nombreuses chaînes demandent désormais que soient traités en voice-over des passages qui relèvent plutôt du sous-titrage : passages d’ambiance, personnages « pris sur le vif », par exemple – le résultat n’est d’ailleurs pas toujours très heureux.

Dans le programme français, la voix du comédien lisant la traduction se superpose à la voix d’origine de l’intervenant. Au mixage, l’ingénieur son laisse généralement une « amorce » de quelques secondes avant de caler la voix française (ainsi que quelques secondes à la fin, dans la mesure du possible). Par conséquent, le texte français une fois lu à voix haute doit être légèrement plus court que l’original.

Pour le traducteur, il s’agit avant tout de s’adapter aux différents rythmes de parole des locuteurs : certains intervenants hésitent, d’autres se répètent… Il faut marquer les pauses importantes, suivre les expressions du visage du personnage ou encore reproduire les effets de surprise, les élans d’enthousiasme, etc. La traduction doit refléter le fil de pensée de la personne interviewée en gardant l’essence de ses propos – on n’intègre normalement pas les hésitations et autres lapsus, du moins lorsqu’ils n’expriment rien et sont de simples tics de langage. Il est parfois nécessaire d’interpréter le sens des mots d’un intervenant qui manque de clarté ou qui maîtrise imparfaitement la langue dans laquelle il s’exprime. Le niveau de langue doit être respecté, même si certaines chaînes imposent un registre assez soutenu, censurent tout ce qui peut heurter l’oreille et exigent un français « normatif ».

La voice-over n’a donc rien d’une traduction « mot à mot », comme on le pense parfois, même si la liberté d’adapter est un peu moins grande que pour la narration.



Dans les deux cas – narration et voice-over – le traducteur doit toujours garder à l’esprit le fait que son texte sera lu à voix haute. Mieux vaut donc éviter les tournures trop complexes, les phrases à rallonge et même les passés simples (on privilégie le présent de narration dans le commentaire, le passé composé dans les interviews). D’ailleurs, la relecture à voix haute est une étape importante de la traduction, car elle permet de voir si certains passages sont trop courts ou trop longs par rapport à l’original, si le texte est suffisamment fluide et vivant, et de repérer d’éventuelles allitérations peu élégantes à l’oral.
Par ailleurs, comme pour toute traduction, une certaine dose de recherches est indispensable !




Texte rédigé par Anne-Lise Weidmann (2006)

 

 

Chantiers

Outre ses pôles (doublage, sous-titrage, sous-titrage S&M, voice-over), l'Ataa a mis en place des "chantiers", des sections qui se fixent des buts précis, sur le long terme ou le court-terme :
médias et relations presse, liens avec la Sacem, liens avec la Scam, formation, filmographie, festivals, subventions, etc. Pour en savoir plus...

Nous joindre

Pour des informations générales : info |at| ataa.fr

Le pôle doublage : doublage |at| ataa.fr

Le pôle sous-titrage pour sourds et malentendants :
pole-sourd-malentendant |at| ataa.fr

Relation presse et communication : media |at| ataa.fr

Blog : blog |at] ataa.fr

Et pour trouver un traducteur ou un adaptateur dans la liste des adhérents de l'Ataa, c'est ici.