Les titres

Ils sont extrêmement difficiles. À moins que ce ne soit Paganini ou La vita è bella. Il y a des pièges infinis.

Tout d’abord dus à la traduction elle-même.

Carne inquieta ne peut sûrement pas se traduire par « Viande inquiète » ni même « Chair inquiète » (C’était vraiment le titre d’un film !)[1]. Souvent, le titre se rapporte à quelque chose de précis mais de difficile à cerner, car c’est dans l’imagination de l’auteur.

On peut s’en tirer en laissant le titre en italien et en mettant dessous une traduction approximative, accompagnée de « Titre provisoire ».

J’insiste : un des secrets de la traduction, c’est de mettre à contribution le plus de cerveaux possibles. Ne pas oublier que les gens aiment penser. Il y en a tellement qui font des mots croisés. Voilà des amis précieux : ne pas hésiter à faire appel à eux pour un rébus qui vous tracasse. Vous ne vous fatiguerez pas et le résultat sera meilleur.

Ne pas hésiter aussi à dire la vérité, c’est-à-dire qu’on n’est pas doué pour les titres. C’est un droit du traducteur. On a le droit de ne pas être doué pour tout. On a le droit de ne pas être génial. Et quand c’est le producteur qui trouve le titre pour l’exportation, il est si content, il vous adore. Et c’est lui qui se débrouillera avec l’auteur.

 
 

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L’anxiété

 

  1. Carne inquieta (1952) de Silvestro Prestifilippo a effectivement été distribué en France sous le titre Chair inquiète.
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