Éditorial

Depuis sa création, L’Écran traduit cherche à jouer le rôle de passerelle entre les traducteurs, les chercheurs qui analysent la traduction audiovisuelle et les spectateurs d’images animées en tout genre, désireux d’en savoir plus sur cette forme singulière de traduction. Au fil de ses numéros, s’entrecroisent sous-titrage et doublage sous tous leurs aspects, travail quotidien des traducteurs et analyse des observateurs (qui peuvent être, eux aussi, traducteurs), éclairage de séquences sous l’angle révélateur de la traduction, comptes rendus de publications internationales dans le domaine des recherches en traduction audiovisuelle.

Traduire, c’est déchiffrer, recouper, remonter, entrecroiser. C’est aussi réfléchir à ce qu’on traduit et à la façon dont on le traduit. La réflexion peut également avoir lieu après coup, lorsque traducteurs et traductrices jettent un nouveau regard sur leurs travaux antérieurs ou sur ceux de leurs confrères. L’observation de films traduits par d’autres et en d’autres temps est souvent riche d’enseignements, non seulement pour les chercheurs, mais aussi pour les traducteurs.

Les pages de ce numéro sont, elles aussi, faites d’entrecroisements, à propos de pratiques de traduction anciennes et contemporaines, depuis les bonimenteurs japonais des débuts du parlant jusqu’aux traducteurs d’anime. L’observation attentive des versions doublées d’œuvres de deux géants du cinéma, Welles et Hitchcock, révèle également un entremêlement de surprises et de manipulations.

Démêler le réseau des images et des mots pour l’entrecroiser sous une forme nouvelle, comprendre les rapports qu’ils entretiennent pour les faire comprendre aux spectateurs – telle est la mission des traducteurs de l’audiovisuel et de notre revue.